| メリークリスマス |
[Dec. 25th, 2006|05:12 pm] |
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| | nostalgic | ] | Joyeux Noël à tous!
Si en France la journée commence à peine après, je l'imagine, un réveillon festif, au Japon le soleil se couche déjà, marquant ainsi la fin de la bien-aimée journée de Noël.
Cette année, Noël avait une saveur particulière puisque pour la première fois, je me trouvais loin de mes proches pour la fête la plus familiale que je connaisse. Je me rappelle m'être plaint l'année dernière à l'idée de passer le réveillon chez des amis de ma mère et de ma soeur mais avec le recul, cette soirée avait pris une tournure très agréable. Pour Noël, j'aurais aimé pouvoir me téléporter, ou bien être dotée d'ubiquité, afin d'être en France l'espace de vingt-quatre heures car, je ne peux pas le nier, j'ai ressenti un terrible mal du pays hier et aujourd'hui.
J'ai passé le réveillon chez Risa, qui m'a bien sûr fait la gentillesse de m'inviter chez elle à cette occasion, mais malgré tout, je n'ai pas vraiment ressenti l'esprit de Noël dans tout ça. Nous avons fait un très bon repas, certes, mais nous étions quatre: Risa, sa mère et sa soeur, et moi. Ses petits frères étaient soit absent, soit couchés, et son père est arrivé une fois la table desservie. Après le dîner, une amie de Risa nous a rejoint ainsi que sa cousine et nous avons regardé des dvds empruntés au Tsutaya, bien au chaud sous le kotatsu (grande première et verdict: j'adore!) et en buvant divers cocktails.
Le lendemain, la mère de Risa a tenu à nous inviter à Kobeya, un restaurant assez chic qui sert de la cuisine occidentale et est particulièrement réputé pour ses diverses variétés de pains. Une fois encore, c'était un régal mais je me sens à présent très mal en voyant l'image que me renvoie le miroir: comment est-il donc possible de grossir autant en une journée? Les efforts de plusieurs mois, pfiou! balayés d'un coup, c'est décourageant et il y a vraiment de quoi me dégoûter de la nourriture.
J'ai quitté la petite famille après le déjeuner car je devais rentrer chez moi afin de préparer mes valises pour mon voyage à Osaka.
Voilà donc résumée en quelques lignes mon expérience de Noël au Japon. Comment dire? Aussi sympa que cela fût, je n'ai pas vraiment l'impression que c'était Noël. Il n'y avait pas cette magie, cette ambiance particulière que je ressens d'habitude, mais je mets véritablement cela sur la différence de culture (je crois que le Nouvel An sera bien différent) mais aussi et peut-être surtout, sur la distance qui me séparait de ma famille. Je me suis mise à pleurer sans pouvoir me contrôler lorsque j'ai transmis à la famille de Risa les voeux de ma mère qui m'avait envoyé un mail sur mon portable. Je m'en veux beaucoup de les avoir embarassés comme ça, ça ne se fait pas. Sa mère voulait même que je téléphone en France depuis leur ligne, mais j'ai refusé car cela n'aurait fait qu'empirer les choses et je ne me sentais pas le coeur à abuser de leur hospitalité. De même, en rentrant chez moi en début d'après-midi, j'ai eu une nouvelle crise de larmes, partagée entre le désespoir que m'inspire ma silhouette et le besoin d'être auprès de ma famille en ce jour particulier. Chaque année, je me plains de la façon dont je passe les fêtes, notamment chez mon père avec qui je ne fais jamais rien de particulier. Mais finalement, même cette routine toute bête me manque, parce que j'en avais l'habitude.
Vous verrez, l'année prochaine, je me plaindrai encore une fois en songeant que j'étais au Japon l'année précédente et que j'aimerais bien y retourner. Néanmoins, je pense que la distance m'a permis de réaliser la valeur de certaines choses qui passaient pour acquises depuis bien longtemps. C'est aussi ça, l'intérêt de mon séjour: je prends du recul par rapport à ma vie "d'avant" et j'apprends à en apprécier jusqu'aux choses les plus banales et les plus simples. Cela me fait d'ailleurs un peu peur, parfois, car j'en viens à me poser cette question assez terrible: malgré la passion que je porte au Japon, serai-je vraiment capable de faire ma vie loin de la France? Bien sûr, j'arrive à gérer mon quotidien japonais et je l'apprécie mais parfois, je me demande si dans le futur, je pourrai vraiment faire ma vie ici. Je suppose qu'il s'agit là de questions assez courantes lorsque l'on fait un séjour prolongé loin de son pays, qui plus est durant ce genre de période critique, mais la remise en question qu'elles impliquent est assez désarçonnante. C'est peut-être mieux de douter que d'idéaliser mais cela m'effraie et me rend honteuse tout à la fois. Est-ce que je mérite d'être ici, au Japon, alors que mes certitudes sur l'avenir se voient quelque peu ébranler?
Comme quoi Noël, c'est l'occasion d'une grande introspection on dirait. En vérité, mes périodes de doute vont et viennent. Elles me rendent visite dans mes moments de solitude mais en-dehors de cela, la vie continue en suivant son train de fête. Jamais le temps de s'ennuyer quand on est au Japon et, ne vous méprenez pas, je n'ai aucune hâte de revenir en France paradoxalement.
Je ne sais pas si mes sentiments sont très clairs pour un regard extérieur.
Pour en revenir au Noël japonais, comme je le disais, l'atmosphère est bien différente. Il y avait le sapin (en plastique cependant) mais seulement des cadeaux pour le petit dernier de la famille. Pas non plus de rassemblement dans les formes, comme je l'ai expliqué plus haut. L'effervescence qui s'empare des foyers français à Noël n'était pas vraiment présente. Dans les magasins, on voyait les gens se précipiter pour acheter le gâteau du réveillon, preuve tout de même que la plupart des Japonais préparent un petit quelque chose de spécial pour le dîner, mais, vraiment, une ambiance très différente. Partout il y a les parures de Noël mais l'esprit, lui, n'y est pas tellement ou du moins, pas de la même manière. D'ailleurs, Noël n'est absolument pas férié ici alors dès le matin le quotidien a repris le pas sur les festivités éparses.
Comme une imbécile, je n'ai même pas pris de photo du réveillon et pourtant j'avais sorti mon appareil. Le prochain Noël au Japon, je ne sais pas quand je le vivrai et je n'ai même pas eu l'esprit d'immortaliser cet instant, à part un seul et unique cliché. Quelle idiote, quelle idiote! Que je m'en mords les doigts à présent!
Dans la série des regrets, il y a aussi la tant attendue journée à Disneyland samedi. Des mois! cela faisait des mois que j'attendais cette occasion et finalement, cela s'est transformé en un bien triste gâchis. Comme le jour de ma sortie à Kamakura en octobre, j'ai été prise en milieu de journée par un mal de ventre qui est progressivement devenu insoutenable, s'accompagnant de nausées et d'un sentiment d'oppression fort désagréable. A 17 heures et quelques, nous quittions le parc car je n'aurais pas pu tenir davantage. Pas de parade électrique donc, et peu d'attractions faîtes, d'autant plus que le parc était encore plus bondé que ce que nous craignions. Une invasion de couples à la recherche du kawaii et quelques familles, telle était à peu près la population de Tôkyô Disneyland. A notre grande surprise, nous faisions partie des très rares gaijin, ce qui nous a valu des coups d'oeil assez agaçants à la longue.
Vous pensiez que l'attente à Disneyland Paris était excessive? Venez donc faire un tour du côté de Tôkyô, où vous devrez par exemple patienter 210 minutes (3h30, je vous épargne la conversion) si vous voulez goûter au frisson de la Maison hantée. Avec ça, vous comprendrez que nous n'avons pas eu la chance d'y pénétrer!
Temps d'attente infernal et manèges plus rapides, il me semble. Blanche-Neige en était carrément violent! Nous nous sommes fichu d'un gars qui tirait une drôle de tête en sortant mais nous avons compris après qu'il avait de bonnes raisons. C'était justement peu après que mon mal de ventre s'est déclaré, alors je peux vous dire qu'être secouée comme dans un manège à sensations fortes ne m'a pas arrangée. Le Train de la mine à côté, c'était presque de la gnognotte!
En revanche, ce dernier, ainsi que Le Petit Monde redécoré aux couleurs de Noël et Le vol de Peter Pan, étaient un peu différents de la France mais nous ont beaucoup plu!
Carton rouge au château de Cendrillon qui ne vaut pas celui de la Belle au bois dormant, aux boutiques où certains articles attendus faisaient défaut, et aux Japonais que l'on retrouve dans ces mêmes boutiques: de vrais mal-élevés!
Voilà le bilan. Mais il faudra bien que l'on y retourne car nous n'avons pas pu faire grand chose par ma faute.
En rentrant, j'ai eu au moins la bonne surprise de trouver dans la boîte aux lettres une carte de Noël de la part de mon père, assortie d'un CD de musique classique que je lui avais demandé de me choisir en tant que cadeau. Malgré tout, je n'ai pu que m'écrouler encore toute habillée sur mon lit avant de rassembler mes forces pour me mettre en pyjama et extinction des feux à 21h pour tomber dans un sommeil qui m'aura fait faire le tour du cadran.
J'étais tout de même encore bien fatiguée chez Risa et me suis endormie dès le début du deuxième dvd. Pas bien vaillante la ptite Elizabeth!
Et à présent, il faut que je poursuive mes préparatifs, histoire de ne pas me coucher trop tard et d'être en forme pour le départ demain. Le voyage dure environ huit heures, cela me laissera le temps de pioncer encore un bon coup avant d'arriver à Osaka et de retrouver Hideka. Je crois que le réveillon du Nouvel An sera une toute autre fête. D'une part parce que la famille chez qui je vais m'a l'air d'attacher une importance toute particulière aux relations entre ses membres. D'autre part car le Nouvel An est la fête familiale par excellence et que Hideka prévoit un grand rassemblement, avec sa famille et ses amis pour l'occasion. Cette fois, il ne faudra pas oublier de prendre des photos, ce serait vraiment dommage!
Mais ça, c'est un autre épisode de mes aventures au Pays du Soleil levant que je ne pourrai conter qu'à mon retour, c'est-à-dire le 3 janvier.
Je vous souhaite donc de passer d'agréables fêtes de fin d'année et je vous dis, avec un peu d'avance, Bonne Année 2007! et pensez à moi l'après-midi du 31 quand je vous devancerai dans le passage à la nouvelle année. Peut-être que je tirerai un petit bilan de l'année écoulée car ma foi, on ne peut pas dire qu'elle ait été ordinaire. Pourvu que 2007 soit encore plus riche en petits bonheurs et en nouvelles expériences! |
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